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Ibrahima Yattara: « le mot nation est un slogan creux en Guinée »

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Très connu dans le milieu associatif et fervent dénonciateur de la mal gouvernance, Ibrahima Yattara est un enseignant émérite et fin connaisseur de la scène politique guinéenne. Au cours d’un entretien exclusif qu’il a accordé à notre rédaction, M. il s’est prononcé autour de l’instabilité politique en Guinée, la menace contre l’environnement et sa probable candidature à la Maire de Kaloum

 

Selon M. Yattara, la situation sociopolitique nationale est « difficile » car dit-il des intérêts partisans ont fini par empêcher toute démarche patriotique pouvant aboutir à un développement. Aujourd’hui, « on est tenté de croire que l’Etat s’est planté ! La politique politicienne dépourvue de toute démarche de développement national au profit des intérêts égoïstes empêche le progrès. On sort d’une crise pour s’engouffrer dans une autre de plus graves. Je pense que le problème politique guinéen ne date pas d’aujourd’hui. La rigidité de la lutte politique et le caractère irréconciliable des positions expriment un vide d’unité politique. Si fait que sous le masque de l’unité politique affiché, la division, et l’affrontement de factions et de groupes communautaires aux pulsions centrifuges et aux intérêts divergents, sévissent dans le pays. La nation multiethnique unitaire qui devait exister ne l’est que par simple proclamation par la propagande officielle« , explique l’enseignant.

 

Pour preuve, les détournements des deniers publics sont devenus le quotidien du pays. « La manipulation  de l’ethnicité par les élites en compétition pour le pouvoir, les avantages économiques et les positions prestiges, constituent, on le comprend aisément, des  sources de la division intérieure guinéenne. Les citoyens désespérés optent dorénavant pour une résolution personnelle, quitte à enfreindre la loi.  Et chaque jour, on entend les échos de détournements, des braquages etc. Les gens n’ont plus confiance aux appareils de justice et se font justice eux-mêmes.  La Guinée, apparaît, dans ces conditions, comme un pays bloqué où les opportunités d’Emplois sont nulles et dans lequel, la pauvreté, la paupérisation et la misère sociale s’amplifient« , ajoute-t-il.

« La vérité est que le mot  nation est un slogan creux en Guinée, avec pour conséquence  l’anxiété politique actuelle et les antagonismes ethniques. Lesquels expriment les problèmes irrésolus de l’existence de l’Etat et de la construction de la nation. Le président actuel, Alpha Condé étant trop panafricaniste a une politique beaucoup extravertie portée sur des questions africaines. Ce qui n‘est pas sans conséquence sur les questions intérieure à la Guinée« , martèle M. Yattara.

Ces derniers mois, de plus en plus d’ONGs dénoncent l’occupation anarchique des corniches et l’insalubrité. Pour M. Yattara, l’exode rural est un facteur majeur occasionnant ces fléaux environnementaux. Il propose de limiter cet exode en construisant des infrastructures dans les campagnes. « Il paraît raisonnable, à mon sens, de tenter de freiner la migration des campagnes qui ne fait qu’accentuer la gravité du problème urbain. On ne peut le faire qu’au prix de politiques de développement agricoles novatrices et autres projets de développement visant les communautés reculées. La pauvreté urbaine se nourrissant de la pauvreté rurale, de la même façon, le progrès urbain se nourrit du progrès rural. L’une des solutions les plus efficaces et la plus durable serait de redonner vie et le goût de vivre à la campagne. Avec la revalorisation du travail agricole, l’exode se tarirait quelque peu. Les villes comme Conakry se dépeupleraient et des mesures de transformation de la capitale en cité moderne peuvent  être faciles« , préconise-t-il.

Récemment, un journaliste spécialiste des questions minières et environnementales, Ibrahima N’Diaye, citait Dr. Alpha Ousmane Diallo, ancien ministre de l’habitat pour d’innombrables efforts fournis lors de son passage à la tête du ministère de l’Habitat. Lequel a préconisé l’instauration d’une brigade de la salubrité dans les quartiers qui va remettre de l’ordre et de la discipline; organiser la collecte des ordures et leurs évacuations; réorganiser la circulation et appliquer le code de la route; éduquer  les policiers qui créent le désordre et qui voulait que le centre directionnel de Koloma soit l’œil de la décentralisation de l’Administration publique. Pour moi, ce monsieur est un modèle pour une administration de l’immobilier et de l’aménagement de nos villes.